Glande Mammaire

Généralités

  • La glande mammaire est un organe caractéristique des mammifères, situé sur la partie supérieure du thorax antérieur.
  • Il s’agit d’une glande sudoripare modifiée, responsable de la production et de la sécrétion lactée.
  • Les unités fonctionnelles de la glande mammaire commencent à se développer à la puberté et atteignent leur pleine maturité au cours de la grossesse, préparant la glande à la lactation.
  • La sécrétion lactée fait intervenir à la fois des mécanismes mérocrines et apocrines.
    • La composante protéique est produite par sécrétion mérocrine.
    • La composante lipidique est produite par sécrétion apocrine.
    • Des modifications histomorphologiques s’observent au cours du cycle menstruel, de la grossesse, de l’allaitement et de la ménopause, sous l’influence des œstrogènes et de la progestérone.

    Parenchyme Mammaire

    • La glande mammaire est organisée en 12 à 20 lobes, chaque lobe est disposé radialement et se draine vers le mamelon par un canal galactophore distinct.
    • Chaque lobe mammaire contient de nombreuses unités ducto-lobulaires terminales (UDLT), et chaque UDLT se draine dans un canal interlobulaire (CIL).
    • Chaque UDLT est constituée de multiples lobules, chacun drainé par un canal terminal extralobulaire court (CTE).
    • Chaque lobule contient de nombreux acini (canalicules), chacun se drainant dans un canal terminal intralobulaire (CTI).
    • Chaque lobe comprend 3 composantes :
    • 1. Glandes tubulo-alvéolaires ramifiées et canaux :
      • a. Acini et conduits terminaux intralobulaires :
      • Les acini sont disposés selon une architecture alvéolaire et se regroupent pour former les lobules.
      • b. Canaux terminaux extralobulaires : des canaux de plus gros calibre, en continuité avec les lobules, qui constituent l’UDLT.
      • c. Canaux galactophores (canaux collecteurs) : gros canaux qui drainent chaque lobe et peuvent montrer une courte dilatation près du mamelon (appelée sinus lactifère).
      • 2. Tissu conjonctif intralobulaire:
      • Entoure les acini au sein de l’UDLT.
      • Tissu conjonctif lâche contenant des fibroblastes et des cellules inflammatoires.
      • 3. Tissu adipeux :
      • Composé d’adipocytes matures.
      • La quantité de tissu adipeux est variable.
      • Les lobes mammaires sont séparés par des cloisons fibreuses denses qui constituent le tissu conjonctif interlobulaire :
      • Il entoure les canaux galactophores et les UDLT.
      • Il est plus dense et plus riche en collagène que le tissu conjonctif intralobulaire.

      La glande mammaire comprend trois composantes, en proportions variables : un tissu glandulaire, un tissu conjonctif, et un tissu adipeux.

      La coloration au trichrome met en évidence l'abondance de tissu fibreux par rapport à la composante glandulaire dans une glande mammaire au repos.

      Les lobules sont composés d'un agencement alvéolaire d'acini, entouré d'un stroma délicat.

      Le stroma intralobulaire est un tissu conjonctif lâche qui entoure les acini et les conduits terminaux intralobulaires. Le stroma interlobulaire est un tissu plus dense, riche en collagène, qui sépare et soutient les lobules et les canaux.

      Le stroma intralobulaire est hormonosensible et consiste en un tissu conjonctif lâche contenant des cellules inflammatoires et des fibroblastes.

      Le stroma interlobulaire contient une quantité variable de tissu adipeux et un réseau vasculaire riche.

      • L'épithélium de la glande mammaire est constitué d'un revêtement bistratifié couvrant l’ensemble du système canalaire et lobulaire.
      • Couche interne (cellules luminales/épithéliales) : cellules sécrétrices cubiques à cylindriques, à noyau central et cytoplasme éosinophile.
      • Les cellules épithéliales cubiques bordent les acini et les petits canaux, à savoir les canaux terminaux intralobulaires et extralobulaires.
      • Les cellules épithéliales cylindriques se retrouvent surtout dans les canaux interlobulaires et les canaux galactophores.
      • Au-delà du sinus lactifère, l’épithélium cylindrique du canal devient un épithélium malpighien kératinisé sur environ 1–2 mm à partir de la surface du mamelon.
      • Couche externe (cellules myoépithéliales) : constituée de cellules myoépithéliales stellaires. Leur cytoplasme paraît souvent clair en raison de l’accumulation de glycogène (qui varie selon le cycle) et contient de nombreux filaments responsables de la contraction et de la synthèse de la membrane basale.
      • Les cellules épithéliales et myoépithéliales dérivent des cellules progénitrices bipotentes.
      • La membrane basale entoure et sépare le système canalaire et lobulaire du stroma ;
      • Contient du collagène de type IV et de la laminine.

      Les cellules épithéliales sont cubiques à cylindriques, avec un cytoplasme éosinophile et des noyaux centraux. Les cellules myoépithéliales sont aplaties, avec un cytoplasme clair et des noyaux allongés.

      Les canaux gdistaux sont bordés de colonnes cellules épithéliales, qui sont plus hautes que celles qui tapissent les acini, ainsi que cellules myoépithéliales.

      Plaque Aréolo-Mamelonaire

      Mamelon :

      • Projection cutanée constituée d’un mélange de tissu fibreux dense et de faisceaux de muscle lisse, recouverte d’une peau hyperpigmentée et montre une hyperkératose :
      • La couche de kératine protège des traumatismes pendant l’allaitement.
      • La contraction du muscle lisse rend le mamelon érectile, facilitant l’expression du lait.
      • De gros canaux s’ouvrent à la surface du mamelon par environ 10 à 15 orifices.
      • L’épithélium malpighien peut comporter des cellules claires de nature bénigne (cellules de Toker), probablement d’origine canalaire mammaire.

      Aréole :

      • Zone de peau pigmentée entourant le mamelon.
      • Contient les glandes sébacées de Montgomery.
      • Ces glandes partagent leur orifice avec les canaux lactifères (tubercules de Montgomery) et lubrifient l’épiderme aréolaire.
      • Elles sont plus développées pendant la grossesse et l’allaitement.

            Le mamelon est une projection cutanée composée de tissu fibreux dense et de faisceaux musclaires lisses. De multiple canaux galactophores s'étendent jusqu'à la surface.

            Le mamelon contient de multiples faisceaux de muscle lisse au sein d’un stroma fibreux, certains sont sectionnés longitudinalement, tandis que d'autres sont sectionné transversalement.

            La coloration trichrome met en évidence l'abondance du tissu fibreux du mamelon ainsi que des faisceaux musculaires non colorées.

            Coupe transversale du canal galactophore du mamelon montrant une lumière ondulée entourée de faisceaux de muscle lisse et d’un stroma collagénique.

            La peau du mamelon est composée d'un épithélium malpighien kératinisant avec des annexes cutanées associées ( glandes sébacées).

            Le complexe aréolo-mamelonaire montre une hyperpigmentation de la couche basale de l’épiderme.

            Changements Physiologiques de la Glande Mammaire

            • Cycle menstruel :
            • Les cellules épithéliales augmentent de taille sous l’effet des œstrogènes au cours de l’ovulation.
            • Grossesse :
            • Les glandes prolifèrent et les lumières des canaux deviennent proéminentes.
            • Les acini augmentent de taille et présentent une hypertrophie.
            • Le nombre et la taille des canaux augmentent.
            • La quantité de tissu conjonctif et de tissu adipeux diminue.
            • Allaitement :
            • La composante épithéliale devient plus importante que la composante stromale.
            • La lumière des acini peut contenir des sécrétions et des débris cellulaires.
            • Les cellules épithéliales renferment de grosses gouttelettes lipidiques.
            • Effets de la ménopause :
            • La glande mammaire subit progressivement une involution.
            • Les acini s’atrophient et sont résorbés.
            • Les cellules épithéliales entrent en apoptose et sont phagocytées par des macrophages dans le stroma.
            • Les canaux régressent également, bien que certains puissent persister et occasionnellement former des kystes.
            • Le tissu conjonctif et le tissu adipeux s’atrophient.

            Pendant la grossesse, les acini augmentent de taille, tandis que la quantité de tissu conjonctif et de tissu adipeux diminue.

            Pendant la grossesse, les acini et les canaux augmentent en taille et en nombre.

            Pendant l'allaitement, la composante glandulaire devient plus importante que la composante stromale.

            Pendant l’allaitement, les cellules luminales renferment souvent de grosses gouttelettes lipidiques, conférant à certaines un aspect clair.